Expo photo : Love, Ren Hang à la MEP

Posted by Charlotte Mader on 10 avril 2019 in Non classé

Nous sommes allés voir l’expo Ren Hang à la Maison de la Photographie à Paris par curiosité … Qui aurait cru que nous allions découvrir un artiste aussi spontané, poétique et anti-conventionnel ?

Né en 1987 à Changchun au Nord Est de la Chine, Ren Hang est tragiquement disparu à l’âge de 29 ans.

A l’aide de son Minotla, un appareil photo argentique japonais, l’artiste chinois ne cherche pas à produire des instantanés photographiques, mais à créer.

Ses photographies, qui semblent résulter d’une longue et précise mise en scène des sujets, en pleine nature ou sur le toit des immeubles, sont en réalité le fruit d’une démarche instinctive. Dans un contexte politique répressif, nous devinons le désir de liberté de création, de fraîcheur et d’insouciance du jeune photographe.

 

Pour la plupart, les modèles de ses photographies sont inexpressifs, pour laisser place à l’extravagance de l’artiste. Ren Hang aime capturer ses modèles en groupe, et crée ses compositions grâce à des corps assemblés et augmentés. Grâce à son intuition créatrice et son gout de l’expérimentation, Ren Hang imagine des postures où les mains, les bras, les entre jambes, les cheveux s’enchevêtrent.

 

La couleur rouge, présente sous maintes formes (un rouge à lèvre puissant, un vernis à ongles, une tulipe) contraste avec la nudité des corps et accentue leur caractère sexy.

Ren Hang aime associer de jeunes corps impudiques à la beauté délicate d’un nénuphare, d’un fruit, d’une envolée de papillons ou d’un paon afin de leur faire perdre leur charge érotique au bénéfice d’un esthétisme qui créé un contraste entre immobilisme et mouvement.

 

 

Son intérêt pour les modèles nus lui vaut d’être interrompu en pleine séance photo par les autorités chinoises. En effet, il était perçu comme un artiste pornographique (ce que l’on comprend aisément en entrant dans la dernière salle, presque cachée, de l’exposition). L’artiste dut rappeler maintes fois au gouvernement chinois que sa démarche ne se voulait pas provocante.

Ces clichés sont un hommage à la nudité, sublimés grâce à la végétation et la couleur rouge, toujours omniprésente :

 

 

Souffrant de dépression, Ren Hang a mis fin à ses jours en 2017, à l’âge de 29 ans. Il partageait ses vertiges existentiels sur son site internet à travers des poèmes : « Si la vie est un abîme sans fond, lorsque je sauterai, la chute sans fin sera aussi une manière de voler… »

Cette exposition nous a surpris par son côté fascinant : d’abord frappés par la beauté des clichés, nous réalisons ensuite toute l’émotion et les messages puissants qui s’en dégagent.

Pour découvrir cet hommage à la sexualité, à la nudité et à la liberté, n’hésitez pas à aller faire un tour à la Maison de La photographie à Paris jusqu’au 26 Mai !