Qu’est-ce que la photographie fine-art?

Posted by merzouguijonathan on 7 janvier 2018 in Conseil
Vous voulez savoir ce qu’est une impression d’art et quelles sont les différences avec une reproduction? Ici nous vous apportons la lumière sur cette question.

Si une photographie est imprimée, numérotée et signée, sur quelque support que ce soit, on peut facilement croire que c’est une photographie fine-art. Malheureusement, la question n’est pas si simple. En effet, la photographie fine-art jouit d’un traitement spécial de la loi française (qui sera la référence dans notre article).

Le concept de la photographie Fine-Art

La photographie d’art, selon l’ encyclopédie de la photographie ( McDarrah, Gloria S., et al., New York: Schirmer, 1999. ISBN 0-02-865025-5 ), est la photographie qui permet d’exprimer les perceptions et/ou les émotions de l’artiste, et de les partager avec son public. Il s’agit d’une définition artistique intéressante centrée sur l’expérience. L’absence de restriction dans la définition nous emmène à considérer une autre définition : celle donnée par le cadre légal.

Selon le droit français, et plus particulièrement le Code Général des Impôts français, la photographie est une œuvre d’art si et seulement ci les photographies sont réalisées par l’artiste, imprimées par lui ou sous sa supervision, signées et numérotées et limitées à trente exemplaires, toutes tailles et finitions confondues.

Cette définition est faite à des fins fiscales, puisque la photographie fine-art est éligible à un traitement fiscal spécial:

  • Selon le code général des impôts (art. 98A de l’annexe 3 du CGI) défini, sous le titre « Biens d’occasion, objets d’art, objets de collection et antiquités» des produits différents dont la vente se traduit par des taux réduits de TVA;
  • Selon le code général des impôts (article 885 I), « les antiquités, les objets d’art ou les objets de collection ne sont pas inclus dans les assiettes fiscales de l’impôt de solidarité sur la richesse».

Cela explique l’importance de bien définir ce qu’est la photographie fine art. Et c’est pourquoi le travail de curation fait par BEKKAUSE avec l’artiste est important, pour assurer que la galerie fournisse aux amateurs d’art philanthrope du fine-art quand cela est convenu.

La limite de 30 tirages d’art (maximum) d’une photographie fine art est l’une des composantes de sa valeur: plus un cliché est imprimé, moins il aura de valeur maintenant, et surtout plus tard sur le marché. C’est donc la responsabilité conjuguée de l’artiste, de la galerie et de l’imprimeur de garantir la limitation de l’impression.

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

La valeur commerciale provient de la rareté de l’œuvre elle-même. Dans le cas de la photographie, le système de valeurs est tout à fait le même, et la facilité de reproduction le rend plus volatile. Créer ainsi une obligation tacite pour le photographe, la galerie et l’imprimeur de maîtriser soigneusement l’édition de la photographie.

Légalement une édition peut aller de deux à 1000 tirages. Mais comme expliqué précédemment, la limite à considérer comme fine-art pour la question légale et fiscale est de 30 tirages originaux. Plus l’édition est limitée, plus sa valeur augmente. Même s’il est difficile de comparer deux photographies différentes, nous pouvons prendre l’exemple de Roger Ballen avec deux photographies en édition fine-art de 11 pouces x 10 pouces : d’une part, une édition de 250 exemplaires d’une oeuvre d’art intitulée «Culprit» évaluée à 250$, d’autre part, une édition de 20 exemplaires de «hideaway» au prix de 2 500$.

La plupart des galeries respectables tiendront compte de la définition donnée ci-dessus, en France comme à l’étranger pour plusieurs raisons:

  • Respecter le travail de l’artiste, en faisant preuve de respect pour son art;
  • Garantir la valeur de l’impression fine à nos collectionneurs;
  • Permettre à notre client de bénéficier de l’avantage fiscal que le statut de l’art peut offrir.

Fine-Arts et Reproduction

Les éditions d’art limitées sont à la photographie, ce qu’un enregistrement est à un concert. Chez BEKKAUSE, nous avons choisi d’offrir des reproductions, car l’une de nos missions est de démocratiser la photographie d’art en la rendant accessible.

Conseil

Pour le photographe. Il est important de construire une valeur à long terme pour les œuvres d’art réalisées en édition fine-art : chaque photo doit être signée et numérotée, ou accompagnée d’un certificat avec cette information. En outre, un document propre à chaque photographie doit faire le recensement des numéros vendus, de la quantité totale, des informations sur le client et du format, afin de savoir exactement combien et quelles copies sont disponibles sur le marché.

Pour le collecteur. La différence entre l’art et la reproduction est subtile et existe néanmoins. Tout en acquérant une impression fine-art, on acquiert une œuvre d’art unique. L’authenticité est faite, comme un être humain, par son caractère unique: l’estampe doit être signée, numérotée et la quantité totale de copie doit être inférieure à 30 exemplaires. Quel que soit le support, une considération importante de l’artiste doit être faite pendant le processus d’impression. Et en tant que personne, il est accompagné d’un document d’identité intitulé certificat d’authenticité. Soyez prudent par rapport à ces éléments pour s’assurer de ne pas acheter une copie simple surestimée d’une photographie fine.
Une reproduction est une copie qui n’est pas nécessairement signée (elle peut être dédicacée) ou avec une numération limite (l’oeuvre peut être numérotée, mais il doit être clairement compréhensible qu’il s’agit d’une reproduction).

Crédits images :Courtoisie de Chantel Lucas et Jeffrey Betts